L'ÉLECTROSTIMULATION MUSCULAIRE
Suivez le courant: un itinéraire en partance des profondeurs du Nil en Égypte et qui a pour terminus le fond du tiroir de votre salle de bain
Notre quotidien est régi par notre rapport constant à l’électricité, nous vivons notre vie moderne grâce à elle. Elle nous aide à communiquer, à nous transporter et à nous protéger… On la retrouve de plus en plus depuis quelques décennies dans notre salle de bain et elle nous aide à prendre soin de nous. Dans le domaine de la beauty tech, un bon nombre d’appareils sont électriques. Dans ma collection, c’est bien le cas: appareil à batterie, appareil sur secteur… ionophorèse, radio fréquence, LED, laser, IPL et bien sûr EMS. Cette dernière est d’ailleurs la technologie que j’aime le plus comparer : comprendre comment une marque va programmer son exercice, quel genre de cycle et quelle type de fréquence va t-elle préférer. Certaines d’entre elles font de vrais efforts dans la conception de leurs appareils, autant par le design de l’extérieur avec un produit désirable et beau mais également à l’intérieur par la qualité des composants électroniques.
À l'initiative de Bijo; j'ai écrit cet article pour que les utilisateurs de cette technologie, qu’ils soient novices ou des aguerris de beauty tech , puissent avoir un large aperçu et une fine compréhension pour choisir le device le plus adéquat.
Bijo; étant le leader sur le marché français de la beauty tech japonaise, un site sûre permettant de bénéficier d'un SAV local et de garantie européenne, vous trouverez en fin d’article mes appareils préférés, que j’ai ou que je convoite.
D’abord, qu’est-ce que l’EMS ? Il s’agit d’une abréviation pour electric muscle stimulation, l’anglicisme de stimulation musculaire électrique. Cette technologie n’a pas une origine précise car l’utilisation de l’électricité dans le domaine du bien-être et de la santé remonte à des milliers d’années. Quant à sa définition et à l’utilisation du terme, elles s’installent progressivement dans les années 1980 avec la standardisation des traitements, principalement dans le monde médical et esthétique.
Si on peut dire que le terme date d’une quarantaine d’années, l’utilisation de l’électricité pour la santé, le bien-être et la beauté a des fondements anciens et même antiques ! Plongeons dans la relation qu’entretient l’homme avec l’électricité.
LE MYSTÈRE NATUREL ET DIVIN DE L’ÉLECTRICITÉ
L’homme noue un lien particulier avec l’électricité durant l’Histoire. Elle se manifeste par l’expérience des sens, principalement de la vue et du touché mais resta longtemps inexpliquée, invisible et emplie de mystère.
Dès 3000 av. J-C en Mésopotamie, l’homme observe l’apparition de paillettes sur de l’ambre jaune lorsque celle-ci est frottée entre les mains. Cette métamorphose lui confèrerait un pouvoir qui ne pouvait être que divin. La bonne augure était alors d’en porter sur soi sous forme de collier ou bracelet pour soulager les maux de tête et l’arthrite¹.

Dans l’ancienne Égypte, plus de 2000 ans av. J-C, les premiers pharaons vouaient un culte au poisson-chat du Nil et à la torpille, qu’on retrouve en bas-relief dans plusieurs tombes, en ornements corporels tels que des bijoux et en amulettes. On leur connait la capacité à donner des décharges afin de capturer des proies ou se défendre des pêcheurs un peu trop curieux. Les égyptiens les utilisaient pour soulager les symptômes de la migraine et des articulations². C’est le premier usage documenté de l’utilisation de l’électricité comme traitement de santé et bien-être³.
2500 ans après la première utilisation du poisson-chat du Nil par les égyptiens, c’est le père de la médecine, Hippocrate qui confirme dans On Regimen, l’utilisation de ce poisson pour traiter arthrite et maux de tête.
Les philosophes des siècles passés et des siècles suivants expérimentent avec la torpille et le poisson-chat et observent les effets obtenus: Platon, Plutarque, Sextus Empiricus et Alexandre d’Aphrodise. Mais ce sont les écrits du physicien de la cour de l’empereur Claudius, Scribonius Largus qui nous documentent pour la première fois à l’écrit du pouvoir analgésique de l’électricité⁴.
VERS UNE CIVILISATION ÉLECTRISÉE
Pendant que les physiciens du Moyen-Orient et de l’Asie pratiquaient déjà des traitements en utilisant la torpille et le poisson-chat, le monde occidental, lui, a pris du temps à comprendre d’où pouvait bien sortir l’électricité de l’animal.
Une nouvelle branche dans la science émergea au XVIIIème siècle, la médecine électrique. En 1745, le professeur de philosophie et de médecine, Johann Gottlob Krüge émit l’hypothèse que l’électricité, comme toute chose, doit avoir une utilité. Une année plus tard, son élève, Christian Gottlieb Kratzenstein aurait réussi à soigner avec l’électricité un patient souffrant de contractions douloureuses au niveau des doigts de sa main.
Des rumeurs évoquent Kratzenstein comme source d’inspiration pour le livre Frankenstein qu’écrira Marry Shelley quelques décennies plus tard.
En 1780, c’est Luigi Galvani qui découvrit avec sa célèbre expérience sur une grenouille, la présence du bioelectromagnétisme de notre corps. Toutes nos cellules et nos neurones ont une activité électrique. Sous forme de signal, l’électricité régule notre activité cardiaque, cérébrale, musculaire, vasculaire et respiratoire par exemple. Nous verrons plus tard comment différentes technologies électriques permettent de réguler ces activités.
Il donnera son nom au courant électrique galvanique c’est à dire un courant électrique qui part d’un endroit et va à un autre de façon constante et unidirectionnelle.
Son neveu Giovanni Aldini pousse l’expérimentation sur des cadavres humains et fait le même constat: l’électricité sous forme de signaux, influence les muscles du corps par le biais de contraction musculaire. Ces recherches provoquent un scandale dans le monde de la recherche mais démontrent un réel intérêt des scientifiques pour comprendre les différents phénomènes naturels et en maitriser ses pouvoirs.
À la fin du XVIIIème siècle, Alessandro Volta est le premier physicien à réussir à emmagasiner de l’électricité grâce à une pile qui porte son nom. Il s’inspire des recherches du chirurgien John Hunter qui, en disséquant une torpille, découvrit que les organes responsables des courants électriques sont fait d’une accumulation de disques plats empilés les uns sur les autres. Volta reprit l’idée de disques pour former sa batterie, composée de cuivre et de zinc pouvant générer un courant électrique continu.
Après avoir découvert qu’un courant électrique induit un champ magnétique, les scientifiques ont ensuite démontré que le processus inverse existait. Quelques décennies plus tard Michael Faraday découvre l’induction électromagnétique à la base de tous les transformateurs, générateurs et moteurs électriques modernes.
L’important à retenir est qu’une nouvelle forme de courant apparaît à la suite des recherches de Faraday:
courant faradique aussi appelé courant alternatif avec un diminutif AC. Il s’agit d’un flux périodique qui inverse sa direction à intervalles réguliers, souvent utilisé dans les électroménagers domestiques, lave linge, frigo, …
courant galvanique aussi appelé courant continu ou courant direct avec un diminutif DC. Il s’agit d’un flux constant dans une direction, souvent utilisé dans les batteries, les radios et lampes de poche qui ont besoin d’une source continue.



Grâce aux progrès des technologies, les scientifiques ont pu améliorer et amplifier considérablement leurs recherches en utilisant une électricité sûre et contrôlée. Guillaume Duchenne de Boulogne est le premier à systématiser l’utilisation du courant électrique sur le corps humain.
Avec sa méthodologie, il utilise le courant faradique/courant alternatif dans le domaine de la médecine thérapeutique et développe la faradisation. Il crée des électrodes non invasives qui ne nécessite plus une incision cutanée pour accéder aux nerfs et aux muscles.
Duchenne publie ses recherches dans deux ouvrages majeurs de la médecine du XIXème siècle: De l’électrisation localisée (1855); la bible de l’électrothérapie; et Mécanisme de la physionomie humaine (1862) dont les photos précédentes sont tirées.
Ses deux ouvrages et ses recherches permettent à Duchenne d’identifier l’ensemble des muscles du visage et de développer une cartographie des émotions avec les muscles responsables de la tristesse, de la peur et de la surprise par exemple.
La deuxième moitié du XIXème siècle est l’âge d’or de la faradisation médicale. Une fièvre électrique s’empare de la médecine, elle devient une thérapie à la mode pour soigner un spectre de pathologies très large. De nombreux appareils portatifs voient le jour comme celui représenté sur le tableau du peintre Brouillet ci dessus. On les utilise pour traiter des indications neurologiques et musculaires légitimes comme la paralysie, l’atrophie et les contractures mais également pour des indications plus douteuses comme la mélancolie, la surdité, l’impuissance et surtout l’hystérie, qui malgré des résultats décevants, rendra la faradisation célèbre à travers le monde.
Des services hospitaliers dédiés à l’électricité ouvrent dans toute la France: Bordeaux, Lyon, Nantes, Nancy, Lille, Montpellier, …
LE BEAU À LA MODE ÉLECTRIQUE
Le domaine médical est le premier espace d’utilisation de l’électricité. Très vite, de nombreux entrepreneurs ont souhaité trouver des applications plus grand-public de l’électricité en la rendant plus visible et utilisable par un plus grand nombre. L’électricité s’empare ainsi du quotidien avec l’apparition de premiers accessoires électriques et magnétiques comme ci-dessus, un corset électrique⁵. De premiers beauty devices sont aussi créés: brosse à cheveux et brosse à dents par exemple.

Ces produits étaient vendus dans des magasins comme celui de Cornelius Bennet Harness, propriétaire de l’Institut Electropathic & Zander, un showroom/boutique situé sur la très commerçante Oxfort Street à Londres. Ces appareils électriques étaient un échappatoire pour une clientèle souhaitant trouver une solution hors du domaine de la “médecine prescrite” par un docteur en s’orientant vers une méthode plus douce, sur le long terme tout en étant soi-même acteur de son traitement⁶.
Conjointement, de nombreuses esthéticiennes courtisaient les dames en utilisant des technologies novatrices comme des enveloppements musculaires et des massages par courant électrique. Ces “innovations modernes” étaient en total contradiction avec ce qu’on pouvait leur dire des signes de l’âge, alors liés aux humeurs (dont le chagrin) et au mode de vie (l’environnement, des facteurs héréditaires, etc)⁷.
Le rôle de la femme à la fin du XIXème siècle s’affirme en public: elle commence à s’affranchit de la norme, elle a de plus grandes responsabilités politiques et économiques⁸. Elles deviennent donc des clientes averties en quête de sens et de vérité.


Elizabeth Arden est une figure majeure du monde de la beauté du début du XXème siècle. À travers ses cabines et sa marque, Arden est l’une des premières à proposer une gamme de cosmétiques travaillant en synergie avec des soins en institut.
Elle proposa en 1928 avec son Vienna Youth Mask, un soin autour de la diathermie, une technologie qui utilise un courant électrique pour chauffer les tissus, soulageant l’arthrite et autres inflammations. Il s’agit de l’ancêtre du soin par radio-fréquence RF ! Le nom de ce soin vient de sa rencontre avec le professeur Eugen Steinach à Vienne, en Autriche, qui lui expliqua les bienfaits de la diathermie alors utilisée pour soigner les blessés de la Grande Guerre.
Pour ses instituts, ce qu’elle souhaitait obtenir de cette technologie était que la chaleur puisse atteindre la couche profonde de la peau pour améliorer la circulation du sang et ainsi améliorer la complexion de sa clientèle, et dans un but plus lointain et précurseur, une certaine forme de régénération cellulaire.
La compétition est alors acharnée pour se démarquer et innover. Helena Rubinstein, une autre pionnière de la beauté proposera également un soin de diathermie dans son institut de New York avec en 1935 son Monoval Masque. Sur la photo ci-dessus prise à New York en 1940, c’est une machine de diathermie que l’on pouvait trouver dans une gare et qui permettait de faire une séance avant de prendre son train ou d’attendre une voiture.
LA PERFORMANCE AUGMENTÉE
Quelques décennies et une guerre plus tard, c’est en Russie qu’un virage important s’annonce pour l’utilisation de l’électricité. Avec de nombreuses conférences, le physiologiste Yakov Kotz diffuse ses recherches sur le courant russe pour optimiser les performances des athlètes soviétiques olympiques. Il s’agit d’un courant de 2500Hz modulé en bursts de 50Hz qui crée une contraction tétanique du muscle et améliorerait la force musculaire de 30 à 40% par rapport à un entraînement classique⁹. Ce que la communauté scientifique actuelle confirme est que la stimulation électrique a bien un réel effet de stimulation et d’amélioration du tonus musculaire mais qu’il n’est pas nécessairement meilleur qu’une stimulation par une pratique sportive.
En diffusant ses recherches, Kotz démocratisa le déploiement de l’utilisation de l’électricité à des fins thérapeutiques auprès des professionnels de la rééducation comme les kinésithérapeutes en déployant son courant et surtout sa forme: le burst deviendra la norme dans l’électrostimulation moderne.


Les deux décennies suivantes verront une adaptation de l’électrostimulation thérapeutique à des fins esthétiques avec comme ci-dessus à gauche l’appareil CACI (Computer Aided Cosmetology Instrument). Développé par le docteur Thomas Wing, ce device était dédié à traiter les patients atteints de la paralysie de Bell qui immobilise les muscles d’une partie du visage. En le déployant dans les salons d’esthétique, la marque a trouvé une nouvelle opportunité de traiter l’ensemble du visage du vieillissement cutané par l’utilisation de microcourants. La marque est présente dans plus de 10000 spas à travers le monde et continue d’obtenir des résultats incroyables sur le traitement de la paralysie de Bell.
La marque Suisse Compex a développé au cours de ses 40 années d’expertise des appareils destinés aux sportifs. À la même période de la sortie de CACI, Compex sort l’un des premiers appareils portables d’EMS destiné aux professionnels puis suivra en 1996 le premier appareil dédié aux particuliers, en photo ci-dessus à droite (pixelisée, désolé).
La marque iconique irlandaise Slendertone a également révolutionné l’univers du bien-être en sortant une ceinture d’EMS dès les années 1990’s. L’électrostimulation n’est alors plus seulement destinée aux sportifs de haut niveau mais devient à la mode et largement accessible à tous. Malgré une vision novatrice et une longue expertise de plus de 40 ans dans le domaine de l’électrostimulation, la marque n’a pas réussi à innover et a fait faillite il y a quelques années… avant de se relancer il y a peu.
L’ÈRE INFOMERCIALE
La mania électrique s’est déjà emparée de la télé dans les années 90s comme on a vu par exemple avec Slenderton mais les revendications liées aux bienfaits des appareils n’étant pas réglementées, des abus ont été constatés par l’autorité américaine FDA (Food & Drug Administration) qui interdira toute promotion trompeuse. Il faudra attendre les années 2000 pour que des normes précises obligent les constructeurs à revoir la façon dont ils font la promotion de leurs produits afin de faire correspondre les attentes du consommateur avec la véracité des résultats promis.
Le boom télévisuel du nouveau siècle fait apparaître un tout nouveau format - l’infopublicité - qui mixe différents codes de la télé habituelle, entre émission ordinaire, débat et démonstration live. QVC aux États-Unis puis tant d’autres dans le monde vont adapter les modes d’achat, passant du classique achat par correspondance ou en magasin au téléachat. Encore aujourd’hui, les codes de l’infopublicité sont partout autour de nous via de nouveaux canaux de communication: en live TikTok en publication sponsorisée Instagram et Youtube par exemple.


Carole Cole, fondatrice de NuFace va être l’une des premières à proposer un device largement plébiscité, que cela soit à travers l’infopublicité mais surtout par l’innombrable fidélité de sa clientèle, composée de consommateurs, d’influenceurs ou de célébrités.
Avec son device NuFace sorti en 2008 et surtout le Trinity en 2010, NuFace propose un appareil qui a fait le tour du monde en quelques années seulement. NuFace c’est aussi la première marque à proposer un beauty device “FDA approved”, qui est aujourd’hui une valeur primordiale dans le marketing d’un produit. Il s’agit pour un produit d’être en totale complaisance avec les normes pour la catégorie lui étant assignée. Cela permet aussi au client d’être rassuré que le produit soit conforme à ses attentes.
NuFace utilise un certain type de courant, des microcourants pour travailler au niveau cellulaire (et un peu musculaire) et n’est donc pas un appareil d’électrostimulation musculaire à proprement parler.
Revenons à Slendertone qui avec son expertise va diversifier sa gamme d’appareil EMS: pour les bras, les abdos, les jambes… et le visage. En Septembre 2009 sort le Slenderton Face (blanc pour les femmes, noir pour les hommes…). Il rencontre un vif succès avec son design proche d’un baladeur portable.
Slanderton ouvre ainsi la porte à de nombreuses marques qui vont rivaliser d’ingéniosité pour créer des appareils d’EMS pour la beauté du visage.
Après ce tour d’horizon sur l’histoire du bien-être électrique, je vais m’attarder maintenant à faire un recap’ pour que vous puissiez reconnaître les termes techniques, les différentes technologies et comprendre quel beauty device est celui qui vous correspond le mieux.
Déjà pour piqure de rappel, l’EMS c’est le travail musculaire par impulsion électrique. En réalité, l’électricité ne stimule pas directement le muscle mais le nerf qui déclenche une réaction en deux temps ou autrement dit en cycle: une contraction du muscle puis son relâchement. L’impulsion peut varier et ainsi avoir différents effets: formation et densification de fibre musculaire, détente et relâchement des tensions, meilleur circulation du fascia et des graisses, etc.
Exprimée en Hertz, la fréquence représente le nombre d’impulsions générées par l’appareil en une seconde. Les marques choisissent les fréquences les plus adaptées aux muscles en fonction de leurs fibres et du travail souhaité.
Plus la fréquence est basse, plus la stimulation est similaire à une séance de sport où le mouvement musculaire est contrôlé et ample. Les impulsions se superposent les unes aux autres et au lieu d’avoir un cycle complet entre contraction et relâchement, le cycle se répète en quasi-continu avec un chevauchement qui peut varier. La basse fréquence (5-20 Hz) est souvent utilisée pour densifier les fibres des muscles, les rendre plus actifs et soutenir un effet tenseur et liftant, souvent sur les muscles du sourire avec les différents zygomatiques.
La haute fréquence (> 10000 Hz) quant à elle forme un cycle qui ne cesse de se superposer en continu, forçant à une contraction permanente du muscle, une tétanie qui permet au muscle de se détendre lors de la fin de séance. Elle est souvent utilisée pour les muscles de la mâchoire comme le masseter pour soulager le bruxisme et diminuer l’effet carré de la mandibule.
La fréquence est un des facteurs primordiaux dans l’aspect sensoriel de l’électricité mais elle n’est pas la seule. Un appareil avec seulement des hautes fréquences peut avoir tendance à “piquer” si la surface de l’électrode est petite. L’électricité se concentre sur une surface réduite et peut activer plus facilement les fibres nerveuses sensorielles (Aδ) qui renvoient l’effet de piqûre ou de brûlure. Il s’agit de la densité de courant: plus la surface de transmission de l’électricité (l’électrode) est réduite, plus la concentration de l’électricité est importante.
Pour éviter cet effet, et maximiser les résultats, de nombreuses options sont possibles:
Augmenter la surface de contact entre la peau et l’électrode pour réduire la densité de courant.
Ajouter des bandes de fréquences variées (haute et basse) pour augmenter la stimulation globale des muscles superficiels et profonds.
Rajouter une émission de chaleur pour réduire l’impédance cutanée, la résistance de la peau à l’électricité.
Tous ces choix font qu’un appareil passe d’un schéma informatique simplifié à un device complexe. Le prix augmente donc avec le nombre de composants et le
perfectionnement et l’expertise de sa technologie.
Une autre information moins importante pour l’EMS mais tout de même utile est l’intensité, indiquée en ampère. Elle est très peu communiquée pour les appareils d’EMS car elle n’est rien seule sans connaitre la fréquence et l’impulsion. C’est le contraire pour les appareils à microcourant où l’amplitude d’intensité est une donnée très importante. Les marques préconisent une certaine plage d’intensité qui va, par son action sur l’ATP, améliorer la régénération cellulaire.
Le microcourant a une intensité de 0,1µA à maximum 1000µA, au-delà, il s’agit d’une intensité d’EMS jusqu’à un maximum de 120mA (120000µA).
L’électricité par son intensité et sa fréquence va stimuler différents acteurs de la beauté de notre visage, du nerf, au cellulaire au musculaire.
Voici pour conclure les différents types d’electrostimulation pour que vous vous souveniez et choisissiez en fonction:
TENS ou Neurostimulation électrique transcutanée a pour but de réduire et/ou traiter la douleur par l’utilisation de fréquences basse (20-100 Hz) ou très basses (<10 Hz). Les appareils de TENS sont très souvent portables et s’utilisent par le biais d’une électrode sous la forme de patch que l’on place sur les zones du corps à traiter, que cela soit sur ou à côté de la zone ou sur le chemin du nerf. C’est un traitement que l’on peut s’administrer soi-même mais il est recommandé de configurer la machine, choisir les réglages et le placement des électrodes avec un spécialiste pour optimiser les résultats.
Les microcourants anti-âge (MCAA) ont une intensité électrique faible. Ils stimulent en partie les muscles mais résonnent encore plus avec le courant électrique endogène du corps, celui que nous produisons naturellement. Ils favorisent le processus de guérison de la peau et réactivent les mécanismes de régénération cellulaire pour lutter contre le vieillissement du visage. Concrètement, les impulsions électriques accroissent la production de l’ATP, l’énergie nécessaire pour booster les protéines de collagène et d’élastine pour améliorer la fermeté et réduire les ridules.
EMS pour stimulation électrique du muscle, comme évoqué à plusieurs reprises, travaille sur le tonus ou la détente musculaire. Parce qu’un courant électrique traverse les différentes couches de la peau, une infime partie est également utilisée par l’ATP pour améliorer la fermeté de la peau mais à une bien moindre échelle que les microcourants.
Nous pouvons maintenant passer aux devices !
Le Japon est devenu l’un des leaders mondiaux dans les nouvelles technologies dans les années 80 avec l’avènement de la robotique et de l’informatique de pointe.
Ya-Man propose dès le début des années 2010 une ligne d’appareils qui deviendra l’emblème de la marque: le Photo+, un device multi technologies et l’un des premiers appareils compact d’EMS pour le visage. En développant cette ligne, Ya-Man propose une vision globale du bien-être.
Le Photo+ Presige S est un modèle sorti en Octobre 2019 et grâce à sa popularité, il est toujours en production. Son EMS “UP” à haute fréquence permet un travail profond avec une sensation assez agréable car les deux parties de l’électrode sont séparées de quelques millimètres pour réduire la fameuse densité de courant.
Je trouve la ligne Photo+ exceptionnelle, que cela soit ce modèle récent à gauche et même les plus anciens. J’en prends pour preuve son ancêtre à droite, le Tri-Photo que j’utilise encore 17 ans après son lancement en Septembre 2009.
Cette ligne est révolutionnaire, à mon sens, car pour moi un beau visage se compose d’une combinaison parfaite d’une peau parfaitement nettoyée, hydratée et sollicitée par de l’électrostimulation.
Vous retrouvez le Photo+ Prestige S chez Bijo; ici.
Une autre gamme que j’aime beaucoup est la Liftlogy. Son design et sa prise en main rappellent un guasha mais dans une version ultra-moderne où l’électrostimulation est combinée à de la chaleur et de la luminothérapie. C’est un excellent beauty device pour les plus sensibles à l’EMS. Jusqu’à trois fréquences et ses sept larges électrodes permettent de stimuler de façon optimale un ensemble important de muscles tout en réduisant au maximum l’inconfort électrique. Une chaleur à trois niveaux permet de détendre le muscle pour maximiser les effets de l’électrostimulation mais elle va également réduire la fameuse impédance électrique, la résistance de la peau à l’électricité. Le mode visage est complété par des diodes LED haute intensité à longueur d’onde 505nm (entre le vert et le bleu) qui vont cibler et réduire la mélanine. Pour le mode corps, des LED rouge à 630nm vont aider à améliorer la fermeté de la peau.
Sa conception démontre l’excellence de l’expertise de la marque Ya-Man dans la conception de beauty devices. On peut noter que la marque n’a pas choisi une large électrode unie mais l’a divisée en sept bandes avec 3mm de séparation. Ce n’est pas pour réduire la densité électrique mais pour éviter que la chaleur se concentre sur un seul point afin qu’elle se diffuse parfaitement sans abîmer ni la peau ni l’électronique de l’appareil.
Vous retrouverez le modèle classique et SP chez Bijo; ici et sur la boutique globale de Ya-Man pour la version limitée rose du SP ici. La version PRO n’est disponible qu’au Japon pour le moment.
Quatre appareils pour le marché global et quatre autres versions uniquement pour le marché chinois, c’est la particularité de la marque Ya-Man. Elle propose souvent en Chine des versions alternatives, améliorées ou adaptées à sa clientèle. La ligne Flash Care est intéressante, elle s’utilise comme le Liftlogy avec trois boutons mais diffère par ses programmes.





En connectant le device en Bluetooth avec le téléphone via l’application WeChat il est possible de choisir un des six programmes enregistrés ou de personnaliser entièrement un programme avec le choix de la LED, la zone, l’intensité de la stimulation EMS et la durée de la séance.
Vous pouvez voir sur les captures d’écran ci-dessus comment est organisé le programme.
Ses plus ? Un mode spécial pour les yeux et des LEDs supplémentaires pour traiter l’excès de sébum et l’acné. Son défaut ? Uniquement des hautes fréquences… ça peut piquer !
La version à droite est le Flash Care Pro, une version améliorée. Le premier à gauche est disponible sur le site hongkongais de Ya-Man avec livraison internationale ici.
Mon device EMS préféré est le Face Player. Déjà par son design, il ressemble à un casque de musique, à la fois discret pour l’utiliser partout, audacieux par le choix des couleurs mais surtout innovant par la qualité de son programme d’EMS. La version I de Face-Player est sorti en Janvier 2021 et la version II en Novembre 2024, c’est celle qui est disponible par le biais de son distributeur européen Bijo; ici.
Ce device fonctionne avec des patchs hypoallergéniques que l’on attache à l’appareil et que l’on porte sur des zones précises du visage et des épaules ou que l’on attache avec des rallonges (Remote Player) pour travailler des zones du corps comme les lombaires et les jambes. Trois programmes sélectionnent les fréquences les plus adaptées aux muscles, avec une puissance accrue de 150% comparée à la version précédente et une durée d’entrainement réduite à seulement 200 secondes. Une autre particularité importante est la possibilité de l’utiliser branché sur secteur, ce que je trouve très appréciable pour réduire l’obsolescence de l’appareil.
C’est mon device préféré parce que je sais et je ressens que Corefit a vraiment perfectionné son programme d’EMS. Il fractionne de très hautes fréquences (>12000 Hz) en micro secondes avec des fréquences plus basses, ce qui permet d’obtenir une stimulation tétanique sans l’effet de douleur. Les trois modes sont très différents et procurent une stimulation rythmée ou massée.


Il est possible de régulièrement trouver des devices qui combinent plusieurs technologies dans un même programme pour réduire le temps d’utilisation et maximiser des résultats. Le Mask de Kirei et l’Azat Mask “combinent” EMS et ionophorèse. En réalité, c’est une alternance imperceptible entre courant alternatif pour l’EMS et courant continu pour la ionophorèse. Le résultat est un double soin à la fois liftant et hydratant.
Les électrodes se clipsent au niveau du masque et une surface conductrice permet une stimulation au niveau des muscles de l’oval du visage. Il se lave en machine ce qui permet de l’utiliser de façon prolongée dans le temps tout en maintenant une parfaite hygiène.
L’Azat Mask de Lekarka est disponible sur le site hongkongais de la marque avec livraison internationale ici.



Pour ma part, j’utilise trois appareils d’EMS à la fois pour gagner du temps:
un pour les épaules pour améliorer la posture, détendre les tensions musculaire
un pour l’oval du visage pour soutenir le tonus musculaire
un pour le nez, une zone du visage primordiale qui a depuis quelques années son propre appareil
Le nez est fait de petits muscles qui se rigidifient en permanence car on les utilise peu. Je sens que j’ai gagné en “mobilité” du nez… c’est étrange de le dire mais je le sens plus souple !
J’ai la toute première version Fornez de la marque Luxcear, la troisième et dernière version Fornez Aura (à gauche) a l’air intéressante car elle combine l’EMS à des vibrations et des LEDs. J’ai également le Nose Style de Icoelle (à droite), une sensation d’EMS plus agréable le temps qu’il a fonctionné… à peine deux mois. Et je n’ai pas encore testé le Qnose de Niplux mais la marque propose pas mal de devices intéressants pour le bien-être.
J’espère que cet article vous a plu et vous éclaire un peu plus dans les caractéristiques de la technologie de l’électrostimulation pour pouvoir faire un choix avisé du device le plus adapté à votre usage et vos besoins.
N’hésitez pas à me suivre ici et sur Instagram où je partage régulièrement autour des différentes technologies et devices dans le domaine de la beauté et du bien-être.
Sources:
1/ D. C. Schechter- Origins of Electrotherapy (I)
2/ Davis Langdon - Bioelectromagnetic and Subtle Energy (2nd. Ed.) - Paul J. Rosch
3/ Helaine Selin - Encyclopaedia of the History of Science, Technology, and Medicine in Non-Western Cultures - Kluwer Academic Publishers
4/ J. Francis & J. Dingley - Electroanaesthesia - from torpedo fish to TENS
5/ Saturday Evening Post - Dying to Look Good: Dangerous Beauty Tools Throughout History (Août 2025)
6/ The National Archives - A misleading Victorian medical device
7/ Arthur Marwick - Beauty in History: Society, Politics and personal Appærance (…) (1988)
8/ Kay Heath - Aging by the Book (2009)
9/ Alex R Ward & Nataliya Skuratova - Russian Electrical Stimulation: the Early Experiments (2002)


















